Quintero, le 10 tout rond, crack du ballon rond

03/07/2018 à 17:30

Après les phases de groupes, des joueurs se sont révélés aux yeux de tous. C’est le cas de Quintero. Le joueur de 25 ans, ne s’est jamais vraiment adapté au football européen. Prêté à River plate par Porto, il retrouve le plaisir de jouer. À 20 heures, face à l'Angleterre, il disputera son deuxième huitième de finale de Coupe du monde avec sa Colombie. Retour sur ce numéro 10 Colombien, peut-être le dernier.

Quintero, le 10 tout rond, crack du ballon rond

Pablo puis Quintero

En 18 janvier 1993, un mois après la mort du plus célèbre des barons de la drogue, Pablo Escobar, la ville de Medellin connait un nouvel arrivant. Ce dernier n’est ni plus ni moins que Juan Fernando Quintero. Du haut de son mètre soixante huit, il suit le chemin de ses prédécesseurs (James Rodriguez, Falcao ou encore Ospina), le joueur passe par les tournois de Pony Fútbol. Deux fois vainqueur de ce tournoi, il se distingue par sa technique mais surtout par son pied gauche. Une patte gauche phénoménale, Quintero en fait ce qu’il veut. Repéré par l’Athlético Nacional de Medellín, il débute pro à 16 ans (comme la plupart des joueurs dans ce club). 

Le Reggaeton plutôt que le foot ?

Par sa taille et son jeu, le natif de Medellín est exposé. Il se blesse très tôt. En 2010, à Envigado, il se casse le tibia et doit s’absenter des terrains pour 4 mois.  Mais Quintero par son caractère ne lâche rien et retrouve son niveau. Un temps, le joueur a même pensé à tout arrêter et à se reconvertir dans la musique (il a sorti un clip de reggaeton). La musique est peut-être plus tranquille, plus sûre. Quintero part se relancer cher lui à Medellín où il est prêté à l’Independiente. Bilan : 25 matchs, 13 buts et 8 passes décisives.

L’Europe, le vrai problème ?

Quintero n’a jamais vraiment fait ses preuves en Europe. Que ce soit à Pescara, Porto ou encore à Rennes, le génie est visible par moment avec de somptueux coups francs ou encore des ouvertures remarquables mais la constance n’est pas au rendez-vous. L’un de ses premiers entraîneurs, Sarmiento a déclaré : « Juan ne sera jamais ce milieu qui avale les kilomètres, et cela n'est la faute de personne. Le faire jouer sur un côté, par exemple, est totalement contre-productif. Là où il fait mal, c'est dans l'axe. C'est le numéro dix typique du foot colombien, peut-être le dernier. ». En Amérique, le milieu se plaît, il n’est pas obligé de revenir défendre. En Europe, tous les joueurs doivent faire le travail défensif.

Petit et...rond

Après avoir rejoint river Plate, un détail le poursuit toujours et ce malgré le changement de Continent : son poids. À Rennes déjà, Rolland Courbis qui ne cache pas le talent du joueur, pointe ce soucis en parlant de « poids de méforme ». Le joueur qui a fait l’objet de Critique à son arrivée en Argentine a répondu : « Je suis un peu petit, mais pas gros. Je ne jouais pas depuis le 20 novembre. Je suis arrivé à River avec un léger surpoids, mais pas trois kilos, seulement un kilo de trop. Depuis petit, j’aime la musculation et je suis un peu rondelet. ». 

Quintero a été appelé pour jouer sa 2e Coupe du monde. Il a déjà marqué (c’est le seul Colombien à avoir marqué dans 2 Coupes du monde), et son sélectionneur à confiance en lui. « Tu es un crack, tu es un crack », crie José Pekerman à son numéro 10, lors du match face à la Pologne, après une ouverture pour Falcao. José Pekerman aime jouer ce rôle de second père avec ses joueurs et il l’a bien compris : Quintero a besoin de se sentir entouré, cher lui. Alors la question est simple : Qunintero arrivera-t-il un jour à prouver en Europe ? Avec de telles performances, nul doute qu’il aura bientôt l’occasion de répondre lui-même à cette question.

Rémi MARTINS.