Les 11... presque Zidane

04/09/2013 à 20:30

Qui ne s’est jamais laissé aller à classer des joueurs, des équipes ou des matches avec des critères plus ou moins subjectifs ? C’est ce que fait régulièrement la rédaction de Foot123.fr dans la rubrique « les 11… ». Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir le classement des 11 joueurs considérés un jour comme les "futurs Zidane".

Les 11... presque Zidane

1. Yoann Gourcuff

Fils du druide Christian Gourcuff, Yoann intègra à l’âge de 15 ans le célèbre centre de formation rennais (son père est alors entraîneur du club). Après des prestations remarquées, il rejoignit le grand Milan AC en 2006. Là-bas, la presse transalpine l’encensa et ne tarda pas à le surnommer « le nouveau Zidane ». Problème, le jeune breton fut barré par les plus grands, Kaká, Clarence Seedorf, Andrea Pirlo. L’arrivée de Ronaldinho en provenance du FC Barcelone, n’arrangea pas la situation. Le jeune français fut prêté aux Girondins de Bordeaux dans le but de voir son temps de jeu augmenter. En Aquitaine, Gourcuff explosa. Sous les ordres de Laurent Blanc, le meneur de jeu à la gueule d’ange inscrivit 12 buts et délivra 8 passes décisives permettant à Bordeaux de remporter son 6ème titre de champion, dix ans après le précédent. Sa saison se boucla avec une honorable 20ème place au Ballon d’Or et un titre de plus beau but de l’année après son chef d’œuvre face au PSG. Depuis cette saison 2008-2009, Yoann Gourcuff enchaîne les échecs. Sa 2ème saison chez les Girondins fut moins tranchante et son transfert à Lyon à hauteur de 22 millions est aujourd’hui un fiasco. Accumulant blessures et méformes, le Breton n'a participé qu’à 31 rencontres de championnat ces deux dernières saisons sur un total de 76 matches (40,8%). Entre les éternels optimistes qui se persuadent que le talent n’a pas pu disparaître, et les défaitistes qui veulent se rendre à l’évidence, le débat n’est pas prêt de s’arrêter.

2. Camel Meriem

Pur produit du centre de formation sochalien (Bats, Sauzée, Diouf, Pedretti, Menez), le milieu de terrain passa professionnel en 1998, l’année de la descente des Lionceaux en Ligue 2. Artisan de la remontée en 2001, les médias l’encensèrent et ne tardèrent pas à le baptiser « le nouveau Zidane ». Transféré à l’hiver 2002 chez les Girondins de Bordeaux pour 8 millions d’euros, il peina à justifier son nouveau statut. Après 18 mois timorés, le Doubiste fut prêté à l’Olympique de Marseille. Et c’est sur la Canebière que le jeune Meriem s'illustra. Avec Camel à la baguette, le club phocéen brilla en Coupe de l’UEFA, après avoir fini 3ème des phases de poules de Ligue des champions (derrière le Real Madrid et Porto, futur vainqueur de la compétition). Tour à tour, l’OM élimina Liverpool, l’Inter Milan et Newcastle avant de chuter en finale face à Valence. Principal danger marseillais avec l’inévitable Didier Drogba, Camel Meriem reçu même des louanges de José Mourinho, alors entraîneur de Porto. « Meriem est le joueur que nous devons arrêter car c'est leur moteur. C'est un joueur équilibré qui joue avec ses deux pieds et sait faire de belles passes". Pourtant, les mots du Special One n’e suffirent pas. Si à la suite de son épopée européenne, Camel Meriem connu sa première sélection chez les Bleus, il ne parvint toujours pas à s’imposer chez les Girondins après une saison une nouvelle fois décevante compte tenu des attentes. Pour se relancer, le numéro 10 fila à Monaco pour 4 ans. En Principauté, l’éternel espoir exaspéra les supporters qui n’hésitèrent pas à le comparer à Casper, pour ses prestations bien trop souvent irrégulières. Depuis 2009, Meriem a évolué sous les couleurs de l’Aris Salonique (Grèce), Arles Avignon et Nice. Si sur la Côte d’Azur ses prestations sont correctes depuis 2011, Camel Meriem, 33 ans aujourd’hui, reste une déception pour le football français.

3. Hatem Ben Arfa

Génie pour certains, tête à claques pour d’autres, le cas Ben Arfa divise. Issu de la fameuse génération 1987, Hatem a rejoint le centre de formation de l’Olympique Lyonnais après 3 ans passés au sein de l’Institut National du Football de Clairefontaine (Diaby, Rothen, Henry, Gallas, Anelka). Le jeune milieu offensif d’origine tunisienne évolua 4 ans sous les Gones et ponctua sa dernière saison d’un titre de « Meilleur joueur espoir » sous les ordres d’Alain Perrin qui en fera un des ses éléments clés pour le titre de champion de France 2008 (43 matches, 8 buts). Transféré pour 12 millions d’euros à l’Olympique de Marseille, Ben Arfa alterna le bon et le moins bon. Capable de coups d’éclat, son attitude fut loin d’être irréprochable. Altercations avec ses coéquipiers (Djibril Cissé, M’Bami, Ziani) mais aussi refus de rentrer en jeu lors de OM-PSG (2-4). Si Ben Arfa réalisa l’exploit de remporter à 23 ans, son 5 ème titre de champion de France, Didier Deschamps ne compta plus sur lui et ce fut sous la forme d’un prêt avec option d’achat qu’il quitta la Ligue 1 pour Newcastle. En Premier League, le natif des Hauts-de-Seine démontra toute l’étendue de son talent. Son but contre Blackburn en janvier 2012 fut même nominé pour le prix Puskas du plus beau but de l’année. Seule ombre au tableau, les blessures. En 3 saisons à St James Park, Ben Arfa cumula 12 mois de blessures. De quoi empêcher l’ailier tricolore de s’épanouir pleinement et de progresser en régularité, son principal défaut. Imprévisible serait donc l’adjectif qui le qualifierait le mieux. Une qualité reconnue sur le terrain mais qui devient vite ingérable en dehors. L’exemple le plus frappant a lieu durant l’Euro 2012. Alors que Laurent Blanc le sélectionna pour sa première phase finale et lui donna sa chance (en 2008 et 2010, Domenech ne le retient pas dans sa liste définitive des 23), Hatem la gâcha en manquant de respect à son entraîneur dans les vestiaires après la défaite face à la Suède (0-2). Aujourd’hui âgé de 26 ans, Ben Arfa ne comptabilise que 13 sélections chez les A. Bien trop peu, au vu de son talent. La faute à qui ?

4. Mourad Meghni

Doté d’une technique bien au dessus de la moyenne, Mourad Meghni devait être la future star des Bleus, une fois Zidane parti. Après avoir intégré l’INF de Clairefontaine, le jeune Mourad alors âgé de 16 ans choisit Bologne et l’Italie au détriment d’un centre de formation français. Un choix pour le moins surprenant, qui pourrait (aujourd’hui) expliquer sa carrière. Arrivé en 2000, il ne joua son premier match officiel qu’en 2002. Il resta finalement 5 saisons à Bologne, ne jouant que 37 matches. Revenu dans l’Hexagone dans le cadre d’un prêt à Sochaux en 2005, le joueur peina toujours à convaincre malgré l’attente des supporters. Après 18 apparitions sans éclats, Meghni retourna à Bologne relégué en Serie B. Ses rêves de revêtir un jour la tunique de l’équipe de France semblaient vains. Après une saison pleine et sans blessures (35 matches) en 2ème division, il se relança à la Lazio de Rome qui le recruta pour 3,2 M€. Dans la capitale romaine, le meneur de jeu athlétique ne s’imposa toujours pas mais parvint tout de même à devenir international…algérien (9 sélections). Après 48 matches en 4 saisons et une blessure de longue date, il résilia son contrat avec le club romain, en juin 2011. Depuis, Mourad Meghni enchaine les clubs au Qatar, pour un total exorbitant de 11 matches en 3 saisons...

5. Samir Nasri

Le prototype du talent gâché. Non pas pour ses blessures ou ses choix de carrière, rien de tout ça. Gâché pour son état d’esprit et son attitude. Merveilleux technicien (quand il est motivé), Nasri ne respecte rien, pas même ses aînés. L’altercation avec Thierry Henry à l’Euro 2008, pour une pathétique histoire de place de bus, relaté par Gallas dans son autobiographie, en est un bel exemple. Et que dire de son accrochage avec le journaliste de « L’Equipe » à l’Euro 2012. Pour son toucher de balle, sa vision du jeu et son agilité (souvenez vous de son but contre Porto à l’hiver 2010), le minot de Marseille, aujourd’hui âgé de 26 ans, devrait être un pilier de l’Equipe de France, le métronome d’une équipe à la recherche d’une véritable identité de jeu. Malheureusement, Samir en a décidé autrement.

6. Jérémy Ménez

Sans conteste, Jérémy Ménez est un joueur talentueux. En janvier 2005, avec son club formateur de Sochaux, il inscrivit un triplé en 7 minutes face à Bordeaux, devenant ainsi, le plus jeune et le plus rapide joueur à réaliser pareille prouesse dans l’histoire du championnat de France. Problème, Menez donna l’impression de ne pas progresser. De ne pas franchir de palier. Nonchalant, Menez sembla toujours à la recherche de l’exploit individuel plutôt que de l’efficacité collective. Quand à son comportement, il sembla batailler ferme avec ses camarades Hatem et Samir et s’en sorti plutôt bien. La famille de l’arbitre Tony Chapron pourrait en témoigner. En Equipe de France, Jérémy Menez avait un boulevard pour s’imposer sur l’aile droite de l’attaque tricolore. Dévoreur d’espaces, le TGV Ménez était une évidence. Apparemment pas pour lui.

7. Marvin Martin

Révélé lors de la saison 2010-2011 avec ses 17 passes décisives (Rothen détient le record avec 18 offrandes en 2002-2003) et le joli parcours de Sochaux qui finira 5ème, le jeune Marvin Martin est appelé chez les Bleus pour la première fois en mai 2011. Pour sa première apparition, il réalisa l’exploit de marquer un doublé contre l’Ukraine en l’espace d’un petit quart d’heure. Les médias s’emballèrent et la comparaison fut vite trouvée. Si le joueur est technique, il semble avoir la tête sur les épaules et possède la présence d’esprit de « faire jouer » ses partenaires. Mais son transfert à Lille à l’été 2012 laisse encore beaucoup de frustration. Marvin est capable, l’identité du jeu lillois lui convient, mais le numéro 10 n’influe pas comme il le devrait (6passes décisives et 0 but en 45 matches). Laissons-lui le bénéfice de la première année d’adaptation toujours difficile...

8. Karim Benzema

« Benzema aime l’équipe de France ». Voici les mots du président de la Fédération Française de Football (FFF), Noël Le Graët en juin dernier. Le simple fait de s’interroger sur la question est par définition un problème. Benzema en Bleu c’est 15 buts et 10 passes décisives en 57 sélections, des statistiques tout juste convenables compte tenu de son statut d’attaquant numéro 1. Surtout que plus de la moitié de ses buts sont inscrits en matches amicaux (53%) et aucun en phase finale. Mais sans rentrer dans une bataille de chiffres, se pose aussi la question de son implication en équipe de France. Benzema ne semble jamais concerné. Quand au Real il se démène sur chaque ballon car la concurrence fait rage, une fois la tunique bleue sur le dos c’est une toute autre histoire. Sans conteste, Karim Benzema a plus que le niveau international, comme le prouvent ses prestations séduisantes en Ligue des Champions (0.58 but par match). Seul joueur de la génération 1987 à bénéficier d’une place de titulaire, à lui de répondre présent dans les grands événements.

9. Ahmd Yahiaoui

Issu de la fameuse génération 1987 et heureux vainqueur du championnat d’Europe des moins de 17 ans face à l’Espagne, Ahmed Yahiaoui n’a jamais percé et confirmé tous les espoirs placés en lui. Grande gueule et coutumier de caprices de stars, l’Olympique de Marseille décida de résilier son contrat alors qu’il n’avait que 18 ans. Commença alors une longue descente aux enfers. Convoité un temps par le club londonien de Chelsea, Ahmed se contenta finalement d'Istres, du FC Sion et de Cannes. Non retenu dans chacun des clubs où il est passé, l’ancien prodige marseillais est aujourd’hui à Sedan, dans l’anonymat le plus total de la Ligue 2.

10. Anthony Le Tallec

Précoce, Anthony Le Tallec découvre la Ligue 1 avec Le Havre à seulement 17 ans et demi en tant que titulaire (30 matches). La même année, Raymond Domenech le sollicita chez les Espoirs. Ses performances furent louables et tapèrent dans l’œil de Gérard Houllier, coach de Liverpool qui le recruta en 2003 pour 2,5 M€. Problème, à 18 ans, le natif du Morbihan se noya dans cet effectif de stars et put difficilement accumuler du temps de jeu. La belle histoire s’arrêta là, les années se suivirent et se ressemblèrent. Anthony enchaîna les prêts (Saint Etienne, Sunderland, Sochaux) et ne fut finalement pas conservé par le club anglais. En 2007, il signa au Mans et inscrivit 22 buts en 108 matches, avant de rejoindre Auxerre en 2010 pour 3 M€. Si ses performances en équipe de France espoirs (34 matches, 12buts) ont fait croire, pendant un temps, qu’il pourrait devenir la nouvelle star des Bleus, Anthony n’a jamais réussi à s’imposer au plus haut niveau. Aujourd’hui à Valenciennes, il s’avère être un joueur correct de notre championnat.

11. Jérémie Aliadière

Transféré à l’âge de 16 ans dans le mythique club d’Arsenal, Jérémie Aliadière était considéré comme l’un des plus grands espoirs du football français. Plombé par la concurrence et les blessures, le jeune attaquant peina à exister à la fois chez les Gunners mais aussi dans le cadre de ses prêts (Celtic Glasgow, West Ham, Wolverhampton). Si sa dernière expérience à Middlesbrough se passa un peu mieux (86 apparitions en 3 saisons), Jérémie Aliadière se relança surtout du côté de Lorient où il effectua ses débuts en Ligue 1 à l’âge de 28 ans. S’il n’est pas d’une rapidité fracassante, le natif de Rambouillet possède un sens du déplacement et une intelligence de jeu bien supérieure à la moyenne. Qualités qui lui permettent d’inscrire un total de 15 buts tout en délivrant 7 passes décisives sur la saison 2012-2013. Impliqué dans 39 % des buts de son équipe, Aliadière se révèle sur le tard et son étiquette « d’éternel espoir » risque bien de perdurer.

Florent Dussidour