Sidibé, le travailleur de l’ombre

11/06/2018 à 14:00

Cette saison a été éprouvante pour le Monégasque. À 25 ans, le joueur continue de multiplier les courses offensives et défensives. En revanche, son rêve de Coupe du monde aurait pu lui échapper, à quelques semaines de la compétition. Portrait de Djibril Sidibé.

Sidibé, le travailleur de l’ombre

De Troyes à Lille

Djibril Sidibé a commencé à Troyes. Un club qui lui a permis de grandir et de se forger un caractère. Ancien milieu de terrain, il aime attaquer et n’a pas peur de multiplier les courses. Quand certains partent devant mais ne revienne pas, Sidibé lui, sait qu’il peut le faire : « J’aimais faire des aller-retours. J’aime bien me dépenser sur le terrain, ça me fait plaisir. ». C’est pour cela que ce poste ou plutôt ce nouveau poste de latéral droit lui va si bien. À Troyes il se révèle et participe à la montée du club en Ligue 2 (2010). En 2012, impressionnant techniquement et physiquement, le LOSC se rapproche de lui. Il signe à Lille mais aurait pu signer au Real Madrid. Oui vous avez bien lu, le Real Madrid, s’intéressait au défenseur. Dans le nord, il se crée un chemin dans le onze et s’affirme comme essentiel à son poste.

Monaco : un titre, un rêve et un genou 

Même s’il se révèle à Lille où il obtient une place en Bleus, c’est à Monaco qu’il vit ses plus belles années. Des expériences en Europe plus abouties sur le plan individuel et une demie finale de Ligue des champions sur le plan collectif. Comme à son habitude, Djibril Sidibé travaille dans l’ombre. Le défenseur n’est pas de ceux qui se montrent sur les réseaux sociaux mais plutôt de ceux qui aiment cette discrétion. Après un titre de Champion de France, en 2017, rien ne peut arrêter sa progression. Tout est au beau fixe dans la vie du défenseur, il marque et continue de faire marquer. Jusqu’à ce fameux 15 avril 2018. Nous sommes à la 27e minute de PSG – Monaco et stupeur, le joueur de 25 ans s’arrête nette. Il a entendu son genou craquer et sort sur civière. « J’espère que je ne vais pas me blesser pour arriver à cette compétition qui est plus qu’un rêve pour chaque Français. », répondait le joueur, 1 mois plus tôt, au micro d’SFR Sport. Déjà blessé au même genou, en 2010, il connait cette épreuve et à peur pour son rêve, le Mondial. 

EDF : enfin de l’espoir

Une absence au Mondial ? Impossible pour cet homme. Il a tout fait pour, il a tout donné pour, et ce, depuis qu’il a débuté sa carrière. En Bleus, il a gagné sa place de titulaire. Ce rêve ne peut pas s’arrêter là, à cause d’un genou. À 25 ans, Sidibé est prêt à tout pour jouer cette compétition. Lorsque le choix vient à lui, il décide de ne pas se faire opérer et de privilégier le repos. Quitte à louper la Coupe du monde, autant tout faire pour la jouer. C’est là que l’on découvre ou plutôt redécouvre ce mental incroyable. Même si les chances sont minces, sa chance à lui, il y croit. Deux semaines après sa blessure, il recourt déjà. En revanche, il ne dispute pas la moindre minute en championnat. Les choses ne vont pas en s’arrangeant, quand un certain Debuchy performe à Saint Etienne et un jeune prénommé Benjamin Pavard fait de même en Allemagne.

Le 8 mai, il effectue une séance de travail à Clairefontaine, un signe ? Même s’il n’est pas le plus serein en Bleu, depuis son retour de blessure (il a notamment été fautif sur le but des Etats-Unis, samedi), il a toujours été régulier. Didier Deschamps lui fait confiance et l’inclus dans les 23 qui rallieront la Russie. Sidibé, un homme droit dans ses bottes, un homme acharné de travail, un homme qui croit en sa bonne étoile, un homme qui réalisera son rêve le 16 juin prochain.

 

Rémi MARTINS.